'' Rendre hommage à mon père ''

 

J’ai une tendresse toute particulière du monde de la pêche. Fille et sœur de marin-pêcheur, j’ai passé toute mon enfance à Plougrescant 22820, dans le monde des marins bretons et plus particulièrement celui de la pêche, une source d’inspiration inépuisable .

J’aime citer Henri Matisse « Vous voulez faire de la peinture ? Commencez alors par vous couper la langue, car désormais, vous ne devrez-vous exprimer qu’avec des pinceaux. »

 C’est pourquoi, je ne vous parlerai pas technique, mais plutôt de ce support qui fait référence à mon père qui, déjà âgé, retrouva son bateau disloqué par la tempête et qu’il avait pourtant pris soin de mettre à l’abri. Je vous parlerai de l’angoisse de ma mère scrutant l’horizon, espérant apercevoir le bateau de mon père rentrant au port car un fort coup de tabac est annoncé.

Je vous décrirai les pêches à pied miraculeuses la nuit grâce aux barrages de filets et aussi des corvées de nettoyage de ces fameux filets lourds du goémon indésirable… Des soirées d’hiver ou mon père fabriquait ses casiers et ses paniers en osier… »

« De nos après-midis entiers, avec mes sœurs, à traquer la crevette dans les trous d’eau, à explorer les petits coins de pêche à pied où nous trouvions des bigorneaux, des lançons, des étrilles, des ormeaux, et surtout je voudrais vous faire partager cette odeur particulière du coltar chaud qui annonçait pour moi le début du printemps. Un peu ma madeleine de Proust. Vous venez sans doute de comprendre qu’il m’est inutile de vous parler de mes peintures, car celles-ci vous racontent ce monde de la pêche et de ces hommes rudes et tendres qui me tiennent très chaud au cœur. »

                Bon vent !                                

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